Mairie de Cherence
18 route de la Mairie
95510 Vienne en Arthies
Téléphone: 01.34.78.13.59
Fax: 01.34.78.24.73

Histoire du village 

CADRE ET ENVIRONNEMENT

Chérence est construite au bord du plateau crayeux qui domine la vallée de la Seine, entre Vétheuil et La Roche Guyon.
Aux marches de L'Ile de France, aux portes de la Normandie, à quelques pas de la route des Crêtes il surplombe la plaine de Moisson et la Vallée de l'Epte.
Chérence se dresse à l'entrée d'une petite valleuse herbue déboulant vers Amenucourt comme la garde tutélaire des forêts de Villers et de la Roche, vestiges mutilés de la forêt médiévale d'Arthies courant « sur 23 paroisses, quatre lieues et demie depuis le village d'Arthies jusqu'au village de Chérence et de la ferme du Chesnay ». Cette faction bien tranquille dans la verdure lui donne un charme discret et de bon aloi, voire austère, à l'abri des murs de pierres sèches ou enduits d'un grossier mortier de chaux.
Cette retenue, ce quant-à-soi procure toutefois une émotion intense, un moment de distraction de l'esprit, lorsque les nuages orageux ou bas de l'automne filent sans retenue au-dessus des toits de tuiles ou d'ardoises ; lorsque les soleils de l'été échauffent la plaine ; lorsqu'au détour du carrefour des Trois-Cornets, la neige parfois, noyant les bosses et leschemin creux, le fait apparaître, comme jaillit une île, du moutonnement des vagues.
Derrière les Roches Blanches, Chérence ouvre les vastes espaces du Vexin français mais aussi ceux proches du Vexin Normand.
Ce site est si particulier qu'il fut l'un des premiers du Vexin a être protégé, que certains de ses écarts font le plaisir du naturaliste à la recherche de diverses orchidées et du busard Saint Martin. Mais cet environnement naturel est très fragile, il faut le respecter. La circulation abusive des motos et véhicules « tous terrains » sur les chemins et sentiers met en péril, condamne à très brève échéance une flore connue comme exceptionnelle. Le site des Roches Blanches marque la limite Nord de certaines plantes méditerranéennes.


HISTORIQUE


La présence humaine est ancienne à Chérence.

En 1834, au hameau de Bézu aujourd'hui abandonné, on mit au jour un dolmen, ce mégalithe disparut vers 1870. On observait encore vers la même époque, à l'entrée du village, les vestiges d'une tour ou plus prosaïquement des restes d'un moulin à vent. Des prospections et fouilles conduites par le Centre de recherches archéologiques du Vexin français dans les années soixante et soixante dix ont révélé plusieurs sites préhistoriques et gallo-romains.
La première citation de Chérence, nommé Sigrancia, remonte au IXième siècle, dans un dénombrement des biens de l'abbaye de Saint Denis. Un quartier du village s'appelle encore à l'heure actuelle, le Tertre Saint Denis. Bézu est apparemment plus ancien : il est cité en 750 dans un diplôme de Pépin le Bref comme relavant du domaine dionysien depuis 716. En 1250, Guillaume de Bézu est cité par un sire de la Roche comme témoin d'une donation. La seigneurie dépendait des sires de la Roche Guyon, en 1261 Jean de la Roche confirme la donation d'un fief à l'abbaye Notre Dame du Bec Hellouin par ailleurs en possession du patronage de l'église de la Translation de Saint Denis et de la dîme de la paroisse. Cette propriété lui avait été confirmée en 1141 par l'archevêque de Rouen, Hugues d'Amiens.
Jusque vers les années 1670, Haute Isle fut une desserte de la paroisse de Chérence.
Plusieurs familles se partagèrent jusqu'au XVIIème siècle la possession des fiefs du lieux, notamment celui de la Tour par les de Mornay, déjà installés à Villarceaux. L'hôtel-dieu de Mantes y avait des terres vers la Goulée.
Au moyen Age, des habitants de Chérence étaient « communiers » de Mantes, relevant de la charte communale de cette ville et comme tels soumis à l'autorité de son maire prévôt pour tout ce qui touchait à la justice, l'impôt et la milice. En 1789, Chérence comptait 87 « feux » dont les chefs sont tous de condition modeste, parmi eux on relève un charron, un tailleur d'habits, un tisserand, deux maçons et un berger.

LES CARRIERES

La réputation de Chérence est attachée depuis le Moyen Age à la qualité de la pierre extraite des carrières qui l'entourent, partagées parfois avec les communes de Vétheuil et de Haute-Isle.
Il n'empêche qu'en 1374 on retira de « la carrière Saint Leu de Chérens » la pierre nécessaire à la construction de l'église Sainte Christine du prieuré des Célestins de Limay et des remparts de Mantes. Plus tard en 1757, 300 voussoirs du pont de Mantes construit par Perronet furent taillés dans de la pierre de Chérence.
Le matériau était si bon qu'on l'employa ensuite pour l'édification de la Madeleine, de l'église Saint Vincent de Paul, de l'Arc de Triomphe, des chevaux du pont d'Iéna, à Paris, du pont de pierre et de l'église de Bon- Secours à Rouen ; de la chapelle de l'Hospice Saint Charles à Rosny. L'extraction qui employait une centaine de carriers dans les années 1830 fut abandonnée à la veille de la seconde Guerre Mondiale. On imagine l'importance des charrois nécessaires au transport des blocs de pierre, certains pesant une demie tonne. En 1757, chacun des « haquets » tirés par 5 chevaux ne pouvait faire que trois voyages par jour pour rejoindre le port de Vétheuil.
Avant la création de la voie ferrée Gisors-Vernon par la vallée de l'Epte en 1870, le trafic à destination de Rouen ou de Paris se faisait par la Seine au port de Vétheuil où les « besognes » étaient tirées par 12 à 14 chevaux. Les tombereaux ne pouvaient circuler qu'à la bonne saison du fait du mauvais état des chemins, pentus, défoncés par les pluies, crevés de fondrières. A la fin du XIXème siècle, les fardiers prirent la direction de Gasny, dans l'Eure, pour charger les plateaux au chemin de fer. On retrouve la pierre de Chérence dans de nombreux lavoirs de ce coin du Vexin comme margelle sur lesquelles les lavandières battaient leur linge.
L'un des maître- carriers de Chérence, propriétaire du Château Maigret, s'était fait construire vers 1830 par un certain Laperèle, un cadran solaire fait de 24 cadrans donnant l'heure dans 24 endroits différents.

L'AQUEDUC

Autre curiosité : l'aqueduc, construit en 1741 oar Villars, l'architecte de Madame la duchesse d'Enville, pour conduite à la Roche Guyon l'eau des sources de Chérence jusqu'à une citerne creusée dans la colline sous le donjon.. On voit encore sur son trajet, de place en place, quelques regards de visite qui n'ont pas été arrachés par les engins agricoles.
Les nombreuses sources existantes autour de Bézu permirent au début du XIX siècle d'ouvrir un étang sous le hameau, ce n'est plus qu'un souvenir difficilement discernable sur ce terrain.

MONUMENTS

Outre l'architecture et l'ordonnancement typique du village de part et d'autre du vallon, ses lavoirs et abreuvoirs, on pourra découvrir ici quelques monuments intéressants.

L'Eglise Saint Denis

Elle comporte deux parties distinctes. Une vaste nef d'inspiration romane, seul vestige d'une église primitive dont nous ignorons le plan, et une partie ajoutée au milieu du XVIème siècle comportant un transept avec clocher central, un choeur à deux travées et chevet polygonal flanqué de chapelles latérales.
La nef, nue, plafonnée d'un berceau de bois, sans contreforts, montre sur son mur Nord, élevé en « opus spicatum »- pierres disposées en arêtes de poisson-, trois petites fenêtres romanes à linteaux monolithes évoquant une construction de la fin du XIème. D'autres fenêtres existaient au Sud, on en devine les vestiges sous l?enduit.
Cette nef, plus large que le transept, communique avec lui par deux petites ouvertures, de part et d'autre du grand arc. La structure des transepts, choeur et chapelles latérales est de type Renaissance comme l'atteste la date de 1556 gravée sur la clef de voûte de la chapelle Sud-Est.
Le mobilier présente quelque intérêt, notamment la clôture du choeur en bois sculpté et le lutrin avec son piètement octogonal tous deux ornée de motifs Renaissance : serviettes pliées, rinceaux, etc. Deux pierres de fondation de messes sont scellées sur les piliers du choeur, l'une datée de 1577 rappelle la donation par Philippe Pinel de 16 perches de vigne au temporel de l'église, l'autre de 1622 conserve le souvenir d'un don de 400 livres tournois par Jehan Nicolle, valet de chambre de François de Silly, duc de la Roche Guyon. Le donataire est représenté agenouillé au pied d'un calvaire, sous les armoiries des de Silly. La cloche de l'église porte la date de 1584.
En sortant, un coup d'oeil rapide sur la bâtiment permettra d'apprécier l'ornementation des contreforts Nord, la sobriété du clocher auquel on accède par un petit escalier logé dans la tourelle d'angle de la nef.

Prieuré du Bec Hellouin

Près de l'église se trouvent les bâtiments de l'ancien prieuré du Bec avec son pigeonnier circulaire couvert de tuiles. Dans les années 1900, des travaux sur la façade du bâtiment principal révélèrent, sous l'enduit une fenêtre à réseau gothique. L'ensemble est de belle allure lorsqu'on le découvre depuis la place du Monument aux Morts (ne se visite pas)

Calvaires

Le calvaire de la Petite Croix, tout de simplicité au bord de la route départementale 100, accueille le visiteur à l'entrée du village. Dans le cimetière sont conservés les éléments remontés d'un ancien calvaire du XVIIème siècle orné de statuettes fortement mutilées de Saint Jean et de sainte Catherine.